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LE MASSIF DE SAINTE-ANNE ???

Le dévoilement public des intentions du Massif de Charlevoix à vouloir acquérir le Mont Sainte-Anne n’est pas une garantie d’un sauvetage imminent de la station de Beaupré, mais pourrait être le déclencheur permettant de débloquer un épineux dossier qui traîne en longueur. Il faudra tout de même que les acteurs cessent de jouer derrière le rideau pour que survienne le coup de théâtre depuis longtemps attendu !!!

C’est un secret de polichinelle que Resort of the Canadian Rockies (RCR) et le ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec ainsi que ministre responsable du Développement économique régional, Pierre Fitzgibbon discutent discrètement et ce depuis plusieurs mois, d’un éventuel secours financier du gouvernement. Le Massif de Charlevoix le sait très bien et voilà pourquoi ses intentions rendues publiques visent stratégiquement à court-circuiter la démarche en cours et tirer la couverture de son bord.

En affichant ses couleurs, le Massif de Charlevoix indispose le gouvernement qui aurait alors peine à convaincre la population qu’on accorde des deniers publics à une entreprise de l’Ouest tandis qu’une entreprise québécoise ferait tout aussi bien. Il devient alors difficile d’ignorer Le Massif comme contributeur potentiel à la relance de la station de Beaupré.

Depuis un mois Le Massif de Charlevoix attend plus qu’un simple accusé de réception à son offre de la part de RCR. En laissant couler publiquement ses intentions, le holding de Daniel Gauthier tord le bras au gouvernement qui devra maintenant choisir publiquement son camp.

De son côté, le propriétaire de RCR, Murray Edward ne voudra jamais céder qu’une seule de ses deux stations québécoises. À ses yeux, la fratrie Mont-Sainte-Anne / Stoneham est indissociable. Le Massif n’a toutefois rien à cirer de Stoneham qui ne correspond pas à son profil d’affaires. C’est là qu’un troisième joueur pourrait entrer dans la danse : Bromont montagne d’expériences !

UN TROISIÈME JOUEUR ?

Le PDG de BME, Charles Desourdy a déjà confié à certains par le passé que l’expansion de son groupe, chef de fil des stations de ski de soirée en Amérique du Nord, pourrait passer par l’addition de Stoneham dans son giron. On ne sait pas s’il entretient toujours cette ambition, mais le moment serait bien choisi alors que la station de Bromont arrive à saturation de son plein potentiel, ce qui n’est pas le cas pour la station au nord de Québec.

L’équation Bromont/Le Massif servirait donc les intérêts de chacune des stations et libèrerait RCR complètement de ses 2 entités québécoises en lui permettant de récupérer ses billes à fort profit sans avoir à continuer d’opérer laborieusement la station. On est quand même loin de la coupe aux lèvres car en affaires tout est question de prix sur lequel il faudra s’entendre. Avec un nouveau joueur, on risque d’ailleurs de tomber dans la surenchère.

Tout cela n’est que pure spéculation bien sûr, mais demeure fort plausible. Reste à voir si le gouvernement saisira l’opportunité, à prix égal des subventions qu’il s’apprêtait à accorder à RCR, à soutenir plutôt financièrement des intérêts québécois tout en mettant fin à une saga dans laquelle les gouvernements antérieurs ont mené ce dossier dans un éternel bourbier.

LE TEMPS PRESSE

Le Mont Sainte-Anne est sur respirateur artificiel depuis trop longtemps. Sa notoriété n’est plus ce qu’elle a déjà été. L’annonce de la venue en 2023 d’une épreuve du Cirque Blanc à Tremblant est pour le moins humiliante pour la station qui a déjà été l’hôte de 7 épreuves de la Coupe du Monde, la dernière ayant été tenue en 1989.

Les amoureux du Mont Sainte-Anne méritent que leur station retrouve ses lettres de noblesse et ne s’enlise plus dans cette identité d’être devenue une grosse station régionale. Il est temps qu’elle revienne dans les ligues majeures.

À l’instar du Canadiens de Montréal en pleine reconstruction, il faudra également être patient avant de retrouver une station gagnante entièrement rénovée. Plus on tardera, plus on restera perdant !

CRÉDIT PHOTO : Le Carnet du ski

ON SAURA NOTER
Tout demeure nébuleux dans le dossier de la survie/relance du Mont-Sainte-Anne et tout demeure encore spéculation. Le Carnet du ski s’aventure ici à donner son interprétation plausible parmi tant d’autres de ce qui pourrait découler des intentions avouées du Massif de Charlevoix d’acquérir le MSA. Il est permis de rêver/spéculer/espérer !!! Le lecteur saura faire les justes distinctions.

Commentaires 8

  1. Il est cependant inquiétant que le Massif puisse peut être un jour détenir le monopole des stations de ski sur la côte de Beaupré/Charlevoix . La concurrence entre ces deux stations a permis d’avoir un équilibre entre prix et service . Le MSA a une clientèle captive au pied des pentes alors que le Massif doit attirer sa clientèle … pourquoi Les amis du MSA ne sont pas dans l’équation ? Une osbl dynamique et bien dirigée ayant les appuis locaux … malgré tout il faut que RCR nous quitte …

  2. Aurons-nous comme québécois les moyens de payer pour skier dans ces super-stations? Regardons ce qui se passe dans l’ouest. Regardons ce qui se passe au Massif. Contrairement aux Laurentides, les résidents de la régions de Charlevoix ouest n’ont pas d’autres options. Un monopole c’est dangereux.
    Le massif s’est retiré de l’Association des centres de ski du Québec. Est-ce que ce sera la même chose avec le Mont Ste-Anne? Si le Massif achète le Mont Ste-Anne et que le gouvernement du Québec subventionne le tout, il faudra exiger que la station joigne l’ASSQ. Il faudra exiger que le prix d’un billet reste accessible, que nos jeunes de 5e année puissent encore skier gratuitement, que nos athlètes médaillés en coupe du monde ou aux Olympiques puissent y utiliser leur passes provinciales, que le Passe Partout soit accepté.

    1. @ Patrick,

      Rien ne dit qu’une union Massif/MSA résulterait en une offre similaire aux 2 stations. D’ailleurs je ne vois pas l’intérêt de le faire. Un positionnement bien distinct pour chaque station élargirait la clientèle cible. Haut-de-gamme et exclusif au Massif, familial et axé sur les nouvelles glisses au MSA par exemple. L’ensemble des 2 créerait un tout qui rendrait la côte de Beaupré/Charlevoix plus attrayante vs Tremblant, Killington et même l’ouest. Prenons l’exemple de Sommet St-Sauveur. Chaque station a sa vocation et contribue à maximiser l’attrait de la région.

  3. Et si RCR maintenait sa position de départ. Il n’est pas question que je vende et voici mon plan de développement « minimaliste » que je vous propose et sollicite l’appui du gouvernement sous le couvert des mêmes programmes d’aide que le Massif ou les amis du Mont (OBNL ou what ever) auraient fait appel pour aller chercher du financement. N’était-ce pas les premières réactions de RCR lorsque les amis du Mont ont forcé le gouvernement? Ce n’est certes pas la meilleure avenue, mais je doute fort que RCR se fasse montrer la porte à moins d’une offre hostile, ce qui est peu probable du Groupe le Massif.

  4. J’ai skié au MSA avec passes annuelles personnelles ou familiales pendant 35 ans et j’ai eu des passes multi-jours au Massif pendant les 3 dernières de ces 35 années… Suite à celà, j’ai eu des passes de saisons de 2009 à 2019-20 inclusivement… au Massif.
    Vu leur nouvelle statégie de mettre à la porte leur clientèle fidèle, j’ai quitté le Massif que j’aimais beaucoup mais j’y reviendrai en couple avec une passe de semaine, budget obligé… pour 2022-23
    Les gestionnaires du Massif géreront le MSA en bon administrateur s’ils deviennent propriétaires, j’en suis certain… mais ils ne géreront jamais le MSA en grand développeur International comme le ferait le groupe Vail Resorts par exemple… qui a d’ailleurs un partenariat d’affaires avec RCR depuis au moins 2019… Que diriez-vous si votre passe annuelle illimitée à en environ 900$ US vous permettait également de skier sans limite à Whistler, Vail, Breckenridge, Beaver Creek, Stowe et j’en passe, tellement la liste est longue…
    Pour comparer les modèles de gestion… Suite à la fin de saison au goût amer 2019-20, dûe à la Covid… Groupe Massif a presque doublé le prix de sa passe annuelle 2020-21… Le Groupe Vail Resorts a plutôt réduit la sienne de 20%, ce qui leur a ramené toute leur clientèle et plus encore… Malgré des critiques de la clientèle sur des blogues anti-Vail Resorts la saison dernière, dû au sur-achalandage lors de LA journée la plus achalandée de l’année… Cette méga-entreprise a montré son empathie et a remédié du mieux possible à la situation… J’ai moi même eu des Epic Pass à plusieurs reprises: 2015, 2016, 2019 et la saison dernière, 2021-22 et j’ai toujours obtenu un excellent produit pour chaque dollar payé… Quand on est client, la qualité du produit et du service l’emporte sur tout! Le bon rapport qualité/prix est la cerise sur le sundae!
    Un des premiers à commenter a suggéré de former une OSBL… « Come on », on parle pas d’une « Soupe populaire » mais d’un moteur économique… Un moteur économique qui ne vise pas les profits n’est pas un créateur de valeur… Oubliez l’idée d’une OSBL si vous désirez un avenir durable…
    Comme quelqu’un l’a aussi mentionné, comment se fait-il que les amis du MSA, dont d’éminents hommes d’affaires locaux en font partie et même: font d’importants investissements immobiliers dans le secteur… Comment se fait-il qu’ils ne sont pas les premiers en liste au titre d’acquéreurs potentiels…
    1+1 fait 2, il me semble… Pourquoi ne saisissent-ils pas au bond la balle qui se dirige déjà dans leur gant?!?
    En passant, sauf erreur, les Désourdy de Bromont ont déjà servi de couverture lorsque le Gouvernement québécois a bradé le MSA… il y a une quarantaine d’années… Genre Désourdy possédait 10% du MSA et les acheteurs d’antan de Calgary possédaient 10% de Bromont de quoi dorer la pilule et faire oublier que le Québec faisait un cadeau à monsieur Locke, de Calgary…
    Enfin, je ne crois pas que l’idée de repartir la cassette Bromont soit de bon aloi… Il y a vraiment des gens d’affaires d’expérience et de grande qualité de la région de Québec qui s’impliquent depuis des décennies autour du MSA, qu’attendent-ils???

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