TRANSAT 2012 : entre vélo & vélocité

Il fallait littéralement tirer des bords entre le salon et le balcon. Deux événements sportifs internationaux étaient nez à nez d’une arrivée et d’un départ. Au moment même où à la télé les cyclistes complétaient sur les Champs Élysées la dernière épreuve du Tour de France, les voiliers de la 8e édition de la Transat Québec/St-Malo franchissaient la ligne de départ devant le parc de la Jetée de la Promenade Champlain. Ça ne pouvait être plus synchro.

Le bateau-remorqueur du port de Québec avait activé ses canons à eaux et tel un feu d’artifice, annonçait l’imminence du départ. Armés de jumelles et de caméras, nous étions postés sur notre balcon tel un équipage sur la timonerie d’un navire. Sur les 25 voiliers de Classe 40, seul apparaissait d’abord dans notre ornière un trio de voiliers naviguant bâbord amure, tout spi déployé. Le départ allait-il être laconique ?

Soudainement, la pointe des mâts du reste de l’armada se confondait à la flèche du clocher de l’église Saint-Michel de Sillery. En voyant apparaître tribord amure la flottille amalgamée, on aurait cru voir apparaître le toit de l’amphithéâtre de Sydney. Le spectacle était lancé et quel spectacle !

Bien disciplinée, la horde de plaisanciers respectait les aires désignées et formait en quelque sorte une haie d’honneur pour ces navigateurs chevronnés.

Le vent du Sud-Ouest était juste assez intense pour permettre quelques manœuvres audacieuses. Malgré la présence de 3 équipages québécois, nous avions un préjugé favorable pour le navigateur-montagnard, Aurélien Ducroz de Chamonix. Sérieux prétendant, il a littéralement volé le départ et disputait encore la tête de course aux bouées de La Malbaie et Pointe-au-Père (Rimouski).

Une huitième édition qui n’était pas sans rappeler la première en 1984. J’étais alors affecté au reportage du départ que diffusait Radio-Canada. En fait, je n’ai pas vu le départ, posté plutôt à  la marina St-Laurent à l’Ile d’Orléans. C’était là un poste privilégié offrant tout de même la chance unique de voir le trimaran de Mike Birch, le Formule TAG Heuer venir frôler les cailloux du brise-lame du petit port de plaisance.

L’édition 2012 restera tout aussi gravée en mémoire que la première et témoignera que mes souvenirs nautiques ont toujours le vent dans les voiles.

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