2

GUY THIBODEAU : LE DOYEN PREND SA RETRAITE

L’industrie du ski et des sports de plein-air d’hiver au Québec vient de perdre son plus fidèle porte-voix. Non, Guy Thibodeau n’est pas mort, mais plus vivant que jamais et désireux de préserver les prochaines années de sa vie active « en prenant avantage du bon temps qu’il me reste ». Après 54 ans sur à peu près toutes les plateformes médias, le doyen des chroniqueurs-ski prend sa retraite pour mieux « retraiter » le dernier droit de sa vie.  

Lors de nos fréquents échanges, et on s’en jasait encore il n’y a pas si longtemps comme si c’était précurseur de son annonce, on se disait alors que les relations média/industrie-ski ne sont plus ce qu’elles ont déjà été et qu’il faut reconnaître que le temps et les moyens de communications changent. Le fruit était donc mûr de passer le flambeau.

Chroniqueur de ski n’était pas un « side line » pour Guy Thibodeau. Il en a fait une carrière. Son curriculum est sans équivoque : plus de 40 ans avec Radio-Canada, 28 ans à CFCF/CTV et 27 ans avec CJAD où il pouvait livrer jusqu’à 30 chroniques par semaine. Ses informations s’appuyaient principalement sur son organisation appelée MRG. Créée en 1968, celle-ci regroupait plusieurs dizaines d’évaluateurs dont certains l’ont accompagné durant 30 et même 35 ans.

Au fil des ans, Guy a su s’adapter aux changements dans les modes de pratique d’activités hivernales alors que les conditions de ski alpin étaient de plus en plus uniformes et prévisibles grâce à la technique et aux moyens plus modernes d’entretien des pistes. C’est ainsi qu’en 2010 se sont ajoutés à ses chroniques, le ski de fond, la raquette et plus récemment, le crampon, le patin, le « fatbike » et la rando-alpine.

Au fil des ans, Guy a su résister aux critiques venant particulièrement de l’industrie à laquelle il appartenait. On souhaitait qu’il soit plus souvent indulgent, voire complaisant au détriment de la rigueur qu’il voulait imposer. Ses pairs ne lui ont certainement tenu rancœur car en 2018 lors de leurs assises annuelles à Station Mont Tremblant, ils saluaient de façon spéciale l’ensemble de sa carrière.

Je ne suis pas inquiet que qu’il saura « retraiter » le cours de sa vie pour le meilleur !!! La retraite n’est pas une fin en soi, mais une étape vers de nouvelles expériences de vie que permet justement ce genre de décision. Son annonce sur sa page Facebook était teintée de sagesse qu’oublie trop souvent ceux qui s’acharnent à demeurer. « Il faut bien un jour penser à passer à autre chose pendant que la santé et la forme y sont encore. Je vois des amis de mon entourage partir, d’autres affectés par des maladies ou des blessures contraignantes. Avec le passage du temps les bonnes années diminuent et je veux prendre avantage du bon temps qu’il me reste. Je planifie d’ailleurs l’an prochain un voyage de trois semaines de ski en Europe avec des amis, ce qui me serait impossible dans les conditions actuelles. »

Si je suis devenu chroniqueur-ski, c’est dans la foulée des « premières traces » de Guy et je lui en suis reconnaissant. Je réalise que je ne cumulerai pas 54 ans comme lui, mais avec quasi une vingtaine d’années accomplies dans ce rôle, je réalise que je deviens en quelque sorte le doyen et qu’aussi mon chant du cygne approche.

Merci GUY et bon ski encore longtemps !!!

image1 (1)

image1 (1)

IMG_7255

IMG_7255

NSIA_09 034

NSIA_09 034

IMG_7236

IMG_7236

IMG_7248

IMG_7248

IMG_7242

IMG_7242

IMG_0536

IMG_0536

DSC_0273 Laroch JB Guy Yves

DSC_0273 Laroch JB Guy Yves

Ste-Anne 40eme 013

Ste-Anne 40eme 013

Commentaires 2

  1. Quelle carrière extraordinaire….toutes nos felicitations. Et profite de ta retraite au maximum. Au revoir et bon ski.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *