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BLACK FRIDAY : FRÉNÉSIE CONTRÔLÉE


On ne s’attendait vraiment pas à cela, mais tout le contraire. Le projet était d’aller constater « de visu » les premiers instants hystériques du traditionnel Black Friday telles les images que nous transmettent chaque année les médias. Force est de reconnaître que les commerces grandes surfaces ont appris à mieux contrôler ce zoo annuel sans rien enlever toutefois aux spectaculaires rabais. Notre préjugé aura donc été déjoué, mais nous retiendrons tout de même que l’expérience aura été assez particulière.


Notre première rencontre avec le « Vendredi fou » américain a eu lieu ironiquement un jeudi soir dans une succursale Walmart de St.Lucie West en Floride, au moins 6 heures avant le jour fatidique. En nous présentant une vingtaine de minutes avant le coup d’envoi, nous pensions voir une horde de clients agglutinés devant le magasin, prêts à courir à corps perdu vers les rayons dès l’ouverture des portes et s’arracher à grands cris les produits soldés comme des enfants qui se chamaillent. Or il n’en fut rien.


À l’arrivée dans le vaste stationnement, les commerces avoisinants étaient tous fermés, mais devant le Walmart, presque tous les espaces étaient combles comme rarement nous l’avions vu et curieusement, il n’y avait pas âme qui vive. Quatre auto-patrouilles de police étaient garées devant les portes du magasin qui semblait en opération normale.



C’est une fois à l’intérieur que nous avons constaté qu’il n’y avait rien de… normal. On pouvait certainement compter plus d’un millier de clients, postés calmement avec leurs paniers dans les grandes allées jonchées de palettes de produits enrubannés de pellicule plastique qu’ils pourront dévaliser sur le coup de 18 heures seulement.



À l’entrée, une circulaire localisant les ilots de produits d’aubaines exceptionnelles était remise. Tout le monde semblait en contrôle, clients, policiers et employés. Il y régnait un calme et un ordre étonnant, mais on sentait une fébrilité larvée prête à exploser.


À l’heure pile, il y a eu à peine quelques cris de joie lorsque les employés amorcent de déballer les lots. La ruée est ordonnée et pour cause, l’offre de produits est copieuse, donc pas de risque d’en manquer à court terme. Un policier tout aussi affable que ses collègues présents un peu partout dans le magasin nous confia qu’en moins de 40 minutes, il n’y aurait presque plus d’achalandage.



Le secteur le plus prisé aura été celui d’une montagne de boîtes de téléviseurs 40 pouces soldés à $98. Des coupons numérotés avaient été remis aux clients rangés en colonnes serpentines dans les allées du secteur épicerie. Il ne semblait pas y avoir de « limites par client » à voir les paniers débordants.



Outre les prix plus que dérisoires pour plusieurs articles, il convient de remarquer que la clientèle était surtout composée d’Hispaniques et de noirs. Les Américains pourtant férus de « deals » semblaient bien minoritaires.



Nous appréhendions de devoir souffrir d’une interminable attente aux caisses. Loin de là ! Encore un ordre parfait où une enfilade à travers les rayons menait à une répartitrice qui aiguillait vers les caisses. Croyez-le ou non, toute cette expérience sera réalisée en légèrement moins d’une heure de l’entrée à la sortie. Pour la cohue appréhendée, il faudra repasser ou chercher ailleurs.



Le Black Friday est en voie de supplanter le Boxing Day du 26 décembre nous disent les statistiques. On estime que plus de 130 millions de consommateurs dépensent en moyenne près de $400 chacun, ce qui génère plus de 50 milliards de dollars dans l’économie. Comme quoi, le Thanksgiving est devenu plus important la fête de Noël où il y a moins de monde à la messe… et dans les magasins.


  • Expérience vécue le 28 novembre 2019




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