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NEW CARLISLE : LA MÉMOIRE DU NATIF DE L’ENDROIT


On aurait pu l’appeler Musée René Lévesque. On a plutôt choisi un nom qui lui sied bien mieux. L’Espace René Lévesque de New Carlisle est à l’image de celui qui vint au monde dans la plus anglophone municipalité gaspésienne et qui a contribué au virage moderne de la société québécoise. Le lieu est humble, simple comme l’homme et nettement moins prétentieux qu’un traditionnel musée d’histoire.


Bien sûr, ceux qui ont été témoin de leur vivant du parcours de l’homme politique qui a tant marqué le Québec d’aujourd’hui n’apprendront rien de nouveau, mais force est de reconnaitre que la visite renforcera  le sentiment de fierté, voire de reconnaissance envers ce journaliste devenu premier ministre.



Pour ceux de la génération qui a suivi, il s’agira plutôt d’une occasion unique de savoir d’où on vient pour savoir où on va. L’homme est mort, mais l’endroit est vivant grâce à une présentation moderne d’audio guide et stations de photos/lecture. Il faut saluer la brièveté des textes narrés de remarquable façon par Sonia Vignault et Stéphane Demers.


Le bâtiment d’accueil aux lignes architecturales modernes jouxte un jardin commémoratif d’une présentation tout aussi contemporaine qui honore bien le natif du village. Les 48 stations que l’on parcourt dans le jardin soigné se déclinent sans partisanerie politique et c’est là sa qualité. À l’accueil, on nous annonçait une tournée de deux heures et demie. On appréhendait que ce soit trop long. On aura plutôt été surpris à terme d’avoir tout vu sans prendre conscience du temps.



Le point culminant de la visite est sans contredit la dernière borne (48) qu’il ne faut pas sauter en raison de son hommage émouvant narré par son auteur Marc Brière. Il s’agit là d’un juste prélude à la présentation en salle d’un très court métrage de 15 minutes qui soulève l’émotion.


Limité dans le temps et confronté à de longues distances, le Tour de la Gaspésie se fait souvent en coup de vent. On s’attardera aux attraits classiques tels le rocher Percé, les boutiques d’artisanats ou d’artistes locaux et on dégustera des fruits de mer. Pas le temps pour les musées qu’on laissera aux grandes villes, ce serait dommage, car un arrêt à New Carlisle risque fort de dépasser vos attentes.



MAISON NATALE : TRISTE ABANDON

Il aurait été de juste complément de pouvoir visiter la maison natale de René Lévesque, sise à quelque rue de là. Transformée en centre d’interprétation avec plus de détails sur sa jeunesse et celle de cette communauté à l’époque aurait été de bon aloi. C’est là un pan de l’histoire trop rapidement couvert à l’Espace RL.


Malheureusement, la maison située au 7 rue Mount Sorel est laissée à l’abandon en raison d’une longue mésentente au sein de la communauté. Or, l’immeuble déjà classé historique au terme de la loi a vu son propriétaire exproprié à l’automne 2019. La suite à donner à cette étape future reste à être précisée, mais le temps presse car le lieu négligé est d’une condition plutôt précaire..



PRENDRE NOTE : S’il pleut lors de votre visite, ne vous refusez pas d’ arrêter tout de même. Visite, film et parapluie offerts souvent à prix d’admission réduit.  (crédit photo Danielle Caillé)



ÇA DÉPASSE LES BORNES

Ce qui fait sourire en s’arrêtant ou ralentissant à New Carlisle, c’est sa multitude de bornes fontaines colorées qui donnent au village de 1 400 âmes une identité distinctive pour le moins accrocheuse. Prenez le temps de fureter dans les rues avoisinantes à la 132 et découvrir églises, belles maisons et même une prison provinciale. Ça vaut le petit détour.


NB : Dernière photo : prison provinciale de New Carlisle


  • Visité en août 2021



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